Choisir ses minéraux pour réussir sa mise en réserve

par Benjamin Pierru d'Agribike (créé par IA)

Mise en réserve en arboriculture : l’essentiel 

Pourquoi on s’en soucie ?

Parce que les réserves font le printemps. Un arbre qui a reconstitué ses stocks l’automne précédent démarre vite, nourrit ses bourgeons dès le débourrement, fleurit de façon plus régulière et noue mieux. Moins d’alternance, plus d’homogénéité. À l’inverse, des réserves maigres se voient tout de suite : débourrement poussif, fleurs qui avortent, nouaison timide faute de nutriments immédiatement disponibles.

Tous les éléments ne se comportent pas pareil. Certains se remobilisent très bien et se stockent dans le bois, les racines ou les bourgeons. D’autres… pas vraiment. Ci-dessous, ce qui se stocke — et ce qui résiste.

Les minéraux qui se mettent bien en réserve

Azote (N)

Indispensable et demandé en grande quantité, l’azote constitue une réserve majeure. En fin de saison, l’arbre en absorbe encore (depuis le sol ou via une pulvérisation d’urée) et le convertit en acides aminés/protéines qu’il stockent dans racines, tronc et rameaux. Au printemps, une part très importante — souvent la moitié ou plus — de l’azote des jeunes feuilles et pousses vient de cette remobilisation interne. Tant que les sols restent froids et les racines au ralenti, ces stocks portent la croissance initiale des bourgeons, des feuilles et même des jeunes fruits. En année de forte charge ou après une carence observé sur des analyses de sève, un apport post-récolte (urée foliaire, le plus souvent) aide à recharger le système.

Bore (B)

Petit élément, gros enjeu. Le bore intervient très tôt : méristèmes, viabilité du pollen, croissance du tube pollinique, donc nouaison. Une déficience printanière donne une floraison irrégulière et des avortements de jeunes fruits. Problème : au débourrement, l’absorption racinaire de B est faible (sol froid, racines peu actives). Il faut donc que les bourgeons soient déjà « garnis » en hiver. Bonne nouvelle chez les Rosacées (prunier, pomier ..), grâce au sorbitol ( un polyol) , la sève transporte le bore dans le phloème et peut l’entreposer dans les tissus pérennes. Pratique !

Zinc (Zn)

Autre oligo-élément clé de la reprise. Le Zn touche de nombreuses enzymes et la synthèse des auxines, qui pilotent la croissance des bourgeons et des jeunes pousses. Une carence se voit vite : débourrement faible, entrenœuds courts, petites feuilles en rosette, surface foliaire réduite. Les besoins arrivent tôt (gonflement des bourgeons), quand le sol ne fournit presque rien. Des apports foliaires d’automne chargent efficacement les bourgeons et augmentent le Zn des fleurs au printemps suivant. Bonus : meilleure rusticité face aux gelées tardives et soutien du développement du xylème — ce qui améliore indirectement l’alimentation calcique des fruits. Souvent appliqué en duo avec le bore, car les deux sont requis au même moment.

Les majeurs remobilisables : P, K, Mg

Phosphore, potassium, magnésium peuvent, en partie, migrer des feuilles vers bois et racines avant la chute. Le P soutient l’énergie cellulaire et l’enracinement ; le K, l’osmorégulation, le calibre et la tolérance au stress hydrique. En vergers intensifs, les besoins en P et surtout en K restent élevés : on les gère surtout par des apports au sol (organiques ou minéraux). En règle générale, une fertilisation équilibrée au sol tout au long de l’année suffit à constituer des réserves sans recourir systématiquement au foliaire automnal. Les pulvérisations de mise en réserve ciblent donc prioritairement N, B et Zn, car ce sont les facteurs vraiment limitants au redémarrage.

Les éléments qui se stockent mal (même en foliaire)

Calcium (Ca)

Cas à part. Le Ca bouge peu dans la plante : il monte avec le xylème, porté par la transpiration, mais redescend très peu par le phloème. Résultat : pas de « remplissage » durable des bourgeons en hiver. Une fois les sites de fixation saturés (parois cellulaires, protéines liant le Ca), tout excédent reste dans les feuilles… qui tomberont. Dit autrement : pulvériser du Ca en fin de saison n’augmente pas vraiment le Ca des bourgeons pour l’année suivante.

Éléments peu mobiles : Fe, Mn, Cu…

Fer, manganèse, cuivre remobilisent mal. Les appliquer tard sur feuillage ne nourrit pas fiablement les bourgeons de l’an prochain : la majorité reste dans les feuilles traitées. Et les carences sont souvent d’origine pédologique (pH élevé, faible activité racinaire, etc.). La bonne stratégie : disponibilité dans le sol au redémarrage (ex. chélates de Fe en sols calcaires) ou corrections foliaires précoces lorsque le nouveau feuillage est en place. En bref : pas de stockage interannuel fiable, on ajuste chaque saison.

Pulvérisation foliaire post-récolte : comment la réussir

Quand intervenir ?
Juste après la recolte, tant que le feuillage fonctionne encore — typiquement fin août à octobre selon espèces et régions. Idéalement quand la croissance est terminée (plus de nouvelles feuilles) mais avant la vraie sénescence. En zones tempérées, on vise souvent début octobre → mi-novembre, avec ~50 % de feuilles encore vertes. Trop tard (feuillage jaunissant, météo froide) = absorption minimale.

Conditions de réussite.
Appliquer par temps doux (18–25 °C) et humide pour prolonger le mouillage et améliorer la pénétration. Éviter les heures les plus chaudes, l’air sec et le vent. Astuce éprouvée : ajouter de l’urée — elle apporte de l’azote et facilite l’entrée d’autres nutriments. Des formulations avec agents mouillants ou acides aminés (ex. glycine) améliorent encore l’absorption du Zn et du B. Et bien sûr, traiter un feuillage vivant et relativement sain. Sinon, l’efficacité chute.

Ajuster selon le diagnostic (analyses de sève/feuilles)

Chaque verger a son histoire. Les analyses orientent les priorités de l’automne :

  • Bore/Zinc faibles en saison ? Symptômes de floraison médiocre, rosettes, teneurs foliaires basses : intégrer B et Zn à la post-récolte, éventuellement en haut de la fourchette de dose sans dépasser les seuils de sécurité.
  • Magnésium et Potassium. Chlorose liée au Mg ? Un foliaire au sulfate de Mg tant que le feuillage est vert peut encore alimenter les réserves. K insuffisant (calibre faible, brûlures marginales de feuilles âgées) : privilégier l’apport au sol juste après récolte ou en fin d’hiver. Les pulvérisations de K sont peu pratiques à grande échelle ; le but est d’avoir un sol (et un arbre) suffisamment pourvu avant la reprise.

Sources :

 

Consultation par téléphone

 

Échange direct par Whatsapp pour une réponse rapide et personnalisée.

Agronome par telephone

Consultation en Visio

 

Partage d’écran en temps réel pour des conseils précis.

Benjamin Pierru

reponse immédiate